Cet article est écrit le 22/11/16, je viens de quitter Rennes, je suis dans le TGV pour Paris. Cet article est dans la catérogie Mylife, et il est possible que tu le trouves ennuyeux. Si tu veux plutôt de l'action clique ici.

2015

Je suis à Rouen. J'ai envie de partir à l'étranger, voir si l'herbe est plus verte ailleurs. J'ai même trouvé une offre d'emploi (à Amsterdam) et l'offre parle même d'OpenBSD. Je ne postule pas, mais je regarde de temps en temps si l'offre est toujours là.

Peu après je vais au Jardin Entropique (fin juin 2015, Rennes). J'y rencontre une délicieuse jeune femme. On tombe amoureux l'un de l'autre. Partir à l'étranger serait la quitter. Such nope.

Je vais donc m'installer à Rennes pour me rapprocher d'elle et parce que Rennes a l'air d'être une chouette ville. Je trouve assez facilement un taf. Tout va bien.

Fast forward.

Les prises de tête ont pris la place des papillons dans le ventre. La séparation arrive doucement comme la seule issue possible.

L'idée de partir à l'étranger n'a jamais vraiment disparu. Quelques mois avant, à un apéro du libre, AmarOk m'annonce qu'il part au Canada, j'imagine que cela a beaucoup joué inconsciemment. Fun fact, c'est ce même AmarOk qui m'a hébergé quand je suis allé au Jardin Entropique.

J'aime Rennes, c'est une ville cool mais j'ai pas plus d'attache que ça. J'envisage à nouveau de partir à l'étranger. Cette fois, l'Europe ne me dit plus trop. Je me dis pourquoi pas le Canada.

En plus d'être un male, blanc, cis genre, hétéro, potent et ayant un diplôme d'ingé en info, la vie n'est pas trop difficile. Mais en plus j'ai la nationalité Canadienne (bien que je n'y sois jamais allé).

Point de visa, de PVT, de je ne sais quoi.

Je me pose quand même des questions, "est ce que je peux vraiment y aller ?" "est ce qu'il ne me faut pas des papiers quand même ?" en plus de mon passeport etc. Bien évidemment qui se pose ce genre de question ? Du coup le site de l'immigration n'a bien évidemment pas de réponse pour moi.

Je me dis que si j'allais à l'étranger et que j'y rencontrais quelqu'un qui me dit "je suis d'ici, mais j'ai la nationalité Française, tu crois que je peux venir travailler en France ?", ma réaction serait "t'es con ? bah oui, c'est bon".

Let's fucking do it.

De toute façon mes préavis pour le taf et pour mon appartement (dont soit dit en passant, j'étais totalement fan) sont donnés. Je n'ai donc plus qu'à tenter ma chance au Canada.

Et c'est le drame

Tout doucement, je commence à faire du tri, virer les affaires dont je n'ai plus besoin. Un jour, j'ouvre un placard pour regarder ce que j'ai dans ma cuisine (dans l'optique de savoir ce que je vais devoir jeter etc). Et là gros pincement au coeur. Me dire que tout ça va prendre fin m'attriste fortement.

Mes affaires chéries

Je vends deux choses dont je sais consciemment que je les aime, ma machine à écrire et mon single speed.

Sauf qu'en fait, c'est tout mon cadre dont je ne pensais pas tellement être attaché auquel je le suis pourtant.

Je vends aussi ma tour. Je l'ai eu à Noël quand j'étais en classe de seconde. Bien qu'elle a subi plusieurs changements internes, c'est toujours "ma tour" puisque le boitier n'a pas changé. Une fois en faisant des trucs, je me dis que ça fait longtemps que je n'ai pas joué à CSS (ça tourne bien sur lolbuntu et ça me détend). Et non. Je n'ai plus la possibilité de jouer à CSS puisque je n'ai plus ma tour.

Ce qui rentre dans les valises.

Peu de temps avant de faire mes valises, je contemple toutes* mes affaires. Plein de trucs que je ne pense pas prendre. Puis au fur et à mesure, je réfléchis, je me dis que tel ou tel truc peut être utile là bas. Voir même que ça serait bien que je les prenne. J'arrive à me convaincre qu'il faut que je les prenne.

*ou pas....

Puis arrive le temps des valises, et là tu vois qu'en fait il y a plein d'autres affaires. Et que tout ne va pas du tout rentrer. Vigdis, le spécialiste de l'ascenseur émotionnel.

Enfin, tu te rends compte que tu as tellement plus de place, que même ton gel douche et ton shampoing, ça sera plus simple d'en toper ici et là jusqu'à ce que tu ais de nouveau un «chez moi».

Je suis toujours dans mon train. Et la seule chose dont vers laquelle je me dirige est l'incertitude.